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 Northlan

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Dark Plagueis Le Sage
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Faction : Second Empire Sith
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MessageSujet: Northlan   Jeu 8 Déc - 19:31



Dark Oldae




Partie IV

Chapitre III: La bataille de Northlan [-3653]

Le vent soufflait faiblement en cette matinée légèrement humide. Une épaisse brume tentait de s'élever dans les airs mais demeurait à la surface, tel un voile de fumée enchainait au sol par des chaînes invisibles qui forçaient le brouillard à dominer la vaste plaine qui entourait les faubourgs encore calme de Northlan. Le voile opaque nuançait les contours des grands bâtiments qui se dessinaient au loin au coeur de la petite ville industrielle de Garos IV ; pôle de production de composants électroniques. Les faibles rayons d'un soleil timide filtraient à travers le brouillard matinal et venait éclairer la plaine d'une faible lumière, permettant de dévoiler les formes des obstacles qui se profilaient dans la plaine couverte d'embûches. La plaine vallonée baignait dans un calme irréel, comme si le temps s'était arrêté en ces lieux recouverts par le dôme opaque où il était presque impossible de voir à plus de trois mètres devant soi.
La ville était, elle aussi, dans un calme inhabituel pour une cité industrielle, même au petit matin. Les usines, normalement en activité depuis les aurores matinales, étaient fermées, et les champignons de fumée qui s'élevaient habituellement des grandes colonnes de pierre au-dessus des bâtisses industrielles avaient déserté le ciel de Northlan. Les fines rues faites de sable et de graviers étaient désertes, les petites maisons de pierre beige ou grise étaient fermées et aucune lumière n'osait en filtrer comme si les demeures avaient été désertées par leurs habitants. Les fenêtres et les portes étaient fermées par de lourds volets de bois et verrouillés par de gros loquets en fer et des planches de bois. Les échoppes qui abondaient normalement au petit matin de travailleurs et d'acheteurs dans les grandes artères de la ville jusqu'à la place du marché étaient vides. Même les vendeurs à la sauvette et les prêcheurs du culte du "père gris" avaient laissés les rues désertes de leurs acclamations et de leurs prêches pour laisser le brouillard seul maître dans cette ville fantôme.  
Les trois artères principales, qui partaient depuis les routes pavées extérieures et qui remontaient dans les quartiers industriels et les faubourgs jusqu'au centre ville, étaient barrées par de lourdes barricades faisants offices de remparts de fortunes là où les petites ruelles étaient fermées par des larges barricades faites de bois et de ferrailles. Devant chaque barricades, sur chaque toits des murs qui cerclaient la ville, des soldats de la république attendaient, retranchés sur leurs positions, armes aux poings. Ils portaient leurs armures blanches et oranges, certaines rouges, d'autres bleues, parfois même noires. Des mitraillettes et des mortiers étaient installés en des points stratégiques alors que des maisons avaient été réquisitionnées pour servir de retranchements et que des snipers étaient installés sur des positions en hauteur leur donnant une vision dégagée sur la plaine.

Un silence de mort dominait les rangs républicains. Le genre de silence qui précédait les temps sombres de la batailles et ses horreurs familières. Le genre de silence ponctuait par les raclements de gorges et les déglutis un peu trop bruyant des soldats anxieux. Ce genre de silence qui traduisait un long malaise, naît de la peur de la mort et des calamités. Mêmes les soldats les plus expérimentés n'échappaient pas à cette pression qui les gagnait sous la forme d'une boule qui remontait depuis le bas du ventre et qui s'arrêtait au niveau de leur gorge, les forçant à déglutir bruyamment. Le froid n'aidait pas. Même si le vent n'était pas très frais, l'humidité s'insinuait dans les interstices des armures et suffisait à frigorifier les corps déjà engourdis par l'attente. Une sensation désagréable dont il était difficile de se défaire et qui finissait de faire naître l'appréhension dans le coeur douteux des soldats.
Ils ne savaient pas beaucoup de choses sur la bataille à venir. Simplement qu'ils étaient encerclés par une armée d'au moins quatre fois leur nombre, tapie dans le brouillard. Ils avaient eu pour ordre de tenir cette position, l'ennemi allait probablement attaquer par les grandes artères pour permettre le passage des blindés et atteindre rapidement le centre-ville après avoir passé les faubourgs délabrés. Leurs défenses étaient sommaires pour ne pas dire de fortune. Des tôles, des pierres, des briques et des sacs de sable pour la plus grande partie de la muraille confectionnée à la va vite. L'ennemi avait frappé d'un seul coup, les positions avancées avaient été pulvérisées par les bombardements de la chasse en trois jours et un assaut massif avait été lancé le quatrième. Les plus grandes villes de la planète étaient visées, l'ennemi voulait défaire les positions lourdement défendues avant de frapper la capitale, Ariana, où l'état major était installé. Zila et Galan étaient déjà assiégées depuis deux jours et cette dernière montrait déjà des signes de faiblesse. Il ne restait plus que Nothlan pour barrer la route de l'armée coalisée qui avançait vers Ariana après avoir mis en déroute le 543iem régiment de blindés et les 45iem et 871iem régiments de fantassins légers.
Depuis la nuit, des rumeurs circulaient dans les rangs, elles disaient que l'armée qui avançait était menée par le chef de la coalition, un seigneur noir des Sith survivant de la bataille du temple de Coruscant. Ils ne connaissaient pas son nom mais la seule mention de son palmarès suffisait à alimenter la défiance des troupes.

Le calme ne dura pas éternellement, il devait bien s'achever à un moment. L'impatience naît de l'anxiété devait finalement laissé place à l'anxiété naît de la terreur.
Un bruit sourd retentit eu loin, suivi d'un second, puis de deux autres. Les secondes passèrent sans que rien ne se passent, sans que le moindre tir ne retentisse, que le moindre cri ne se fasse entendre. Et puis, il y eut une explosion, une maison explosa et souffla les personnes situées autour d'elle et écrasa ses demeurants, pensant être à l'abris dans la cave. Et ce fut l'enfer, l'enfer des bombes tirées par les batteries impériales. Un enfer qui dura deux jours et deux nuits avant que le premier assaut ne soit lancé par les assaillants. Pendant deux jours, Northlan fut couverte par les bombes.

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Dark Plagueis Le Sage
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MessageSujet: Re: Northlan   Ven 9 Déc - 18:14



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Partie IV

Chapitre III: La bataille de Northlan [-3653]

Un homme hurlait, se tordant de douleur sur le sol alors qu'un projectile l'avait touché au poitrail. Son armure ne l'avait pas protégé, la balle laser avait perforé un poumon laissant une vilaine marque noire de laquelle s'élevait un petit filet de fumée. Il était condamné et il le savait probablement. Les soldats de sa section le savaient aussi mais ils refusaient de le laisser mourir sans essayer de lui porter secours. L'infirmier de section, un jeunot blondinet tout juste sorti de l'école militaire tentait d'injecter une dose de morphine pour diminuer la douleur. Il n'y avait rien à faire d'autre de toute façon. Bientôt, le poumon cesserait de fonctionner, le sang ne serait plus oxygéné et le coeur finirait par s'arrêter. Cinq minutes tout au plus avant qu'il n'expire. Un de ses camarades de sections tentaient d'empêcher l'avancé de trois soldats de l'empire postés deux maisons devant lui. Au fond, il n'y avait plus beaucoup d'espoir pour la section toute entière. Ils n'étaient plus que quatre, tous les autres étaient morts les uns après les autres. Les bombardements avaient duré deux jours et deux nuits, sans cesses, les bombes incendiaires de la chasse et les projectiles explosives de la bombarde impériale étaient tombés sur la petite ville industrielle. Les faubourgs n'étaient plus que des ruines fumantes où les dernières troupes républicaines des deuxièmes lignes de la route nord tentaient vainement d'empêcher l'avancée de la coalition.
Les républicains avaient cru l'emporter, malgré les deux jours de bombardements, les troupes de défense n'avaient essuyé que peu de pertes et avaient réussi à bloquer l'assaut ennemi pendant près d'une journée. La coalition avait commencé par attaquer par le sud où un important convoi de blindés avait attaqué au troisième matin des combats. Malgré la supériorité numérique et technique, le convoi avait été mis en échec pendant une journée entière. La lutte aurait continué si un Sith n'avait pas fait son apparition au cours du quatrième matin. Les premières lignes de la route sud avaient été massacrées dans des torrents de flammes et les rares survivants avaient dû se replier derrière les deuxièmes lignes. Dès lors, ça avait été une hécatombe. La coalition avait attaqué au nord alors que la chasse frappait au centre ville et que de petits groupes de fantassins avaient surgi du brouillard depuis les plaines. Les lignes étaient tombées unes à unes et la retraite des faubourgs avait rapidement dû être ordonnée. Désordonnées et encerclées, les troupes républicaines avaient été décimées et seules les deuxièmes lignes de la route nord persistaient encore à tenir leurs positions à travers les faubourgs alors que le centre-ville était assailli de toute part depuis le sud et l'est.

Oldae s'avançait entre les corps encore fumants des soldats qui faisaient acte de résistance depuis une journée contre le convoi de la route sud. Les pauvres hommes n'avaient rien compris à ce qui leur était arrivé. Quelques minutes avant, alors sous un feu nourri des coalisés, ils tenaient fermement leur position pilonnant les troupes du convoi, réfugiées derrières les blindés. Et puis, d'un coup, les tirs ennemis avaient cessé. Les républicains avaient fini par cesser le feu après plusieurs secondes de tirs unilatéraux et avaient attendu une manifestation de l'adversaire. La seule chose qu'ils avaient finalement vu s'était une fine pellicule de poudre noire se répandre autour d'eux et un homme, entièrement vêtu de noir, fendre le brouillard. L'inconnu avait tendu son bras, avait claqué des doigts et l'enfer s'était déversé sur les fiers soldats de la république. Un torrent de flammes s'était répandu dans les lignes ennemies comme une vague et avait avalé les corps des défenseurs, ne laissant derrière elle que des corps carbonisés, encore fumants plusieurs heures après le déluge de feu.
Le Sith n'aimait pas particulièrement l'odeur de la chair brûlée. C'était âcre, ça rentrait dans les sinus et ça restait sur les vêtements. Le spectacle n'était pas très réjouissant non plus, des dizaines de corps carbonisés jonchaient le sol du sable de Northlan, devenu noir, et une épaisse et étouffante fumée s'élevait dans les rues calcinées où certaines maisons continuaient encore de brûler, livrées impuissantes aux flammes du seigneur Sith.

- Mon seigneur, le capitaine Lafay a annoncé que le convoi avait pénétré dans le centre-ville. La résistance se fait farouche mais il pense pouvoir faire tomber le centre dans deux ou trois jours avec les forces du front nord, déclara un mandalorian.

Oldae se retourna pour faire face au rapporteur. Il s'agissait d'une jeune homme d'une vingtaine à peine entamée. Il portait des cheveux bruns clairs broussailleux et désordonnés, laissant pensé qu'il était légèrement bouclé. Sa peau tannée témoignait de son enfance sur une planète du centre de l'empire mandalorian, peut-être sur Mandalore elle-même. Il avait yeux d'un léger vert, plutôt pâle, et une mâchoire carré qui s'arrondissait vers la fin pour donner un visage très légèrement ovale. Le jeune homme portait une armure de noble mandalorian, comme Styneth. Surement un enfant de la jeunesse mandalorian que le père avait envoyé aux côtés du Justifié pour représenter son clan et lui faire honneur.

- A qui ai-je à faire, jeune homme ? demanda le Sith.

- Je suis le capitaine Paul Arkon'en, fils de Thedor Arkon'en, se présenta le jeune homme.

- Et bien, Paul Arkon'en, fils de Thedor Arkon'en, allez dire au capitaine Lafay que je le rejoindrai sur le front dans une heure après avoir constaté nos pertes et vu nos blessés, ordonna Oldae. Cette bataille doit-être finie dans la journée. Demain, aux aurores, les bannières de l'empire et du Mandalore flotteront sur les portes de Northlan. N'êtes vous pas d'accord, fils de Thedor Arkon'en ?

- Je le suis totalement, mon seigneur, approuva Paul. Comptez sur moi pour transmettre vos ordres au capitaine Lafay.

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Dark Plagueis Le Sage
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MessageSujet: Re: Northlan   Dim 11 Déc - 0:23



Dark Oldae




Partie IV

Chapitre III: La bataille de Northlan [-3653]

- Parles, intima le Sith au vieil homme qu'il maintenait au-dessus du sol à l'aide de la force.

- Je ne dirai rien, Sith, cracha violemment l'officier.

Vêtu d'une tenue d'officier de premier rang, il devait être un capitaine, voir un colonel. Ses cheveux grisonnants étaient ramenés vers l'arrière par une sorte de gel hydraulique légèrement blanchâtre qui donnait aux cheveux du vieillard un aspect gras et mal entretenus. Ses yeux marrons foncés, comme l'écorce d'un arbre, et légèrement plissés, brillaient d'une petite lueur de résistance. Au fond, il s'agissait d'avantage d'un acte vain cherchant à montrer un semblant de résistance que sa peur et les gouttes de sueur qui perlaient sur son front discréditaient rapidement. Après tout, le pauvre officier était seul. Seul si l'on omettait le Sith et les six cadavres qui jonchaient le sol. L'un des pauvres soldats de la république avait reçu un tir de fusil à diffusion en plein visage. Désormais il ne restait plus grand chose de son faciès si ce n'étaient les vagues contours d'un cou déchiqueté. Un deuxième avait perdu un bras. La trace du coup était caractéristique, une large plaie cramoisie encore fumante. Le triste bougre n'était pas mort immédiatement. Les blessures par sabre avaient le malheureux inconvénient de cautériser la plaie aussitôt le coup porté. Par conséquent, si les cibles de ce genre d'armes n'avaient pas la chance de mourir immédiatement, elles se tordaient de douleur en agonisant avant d'expirer. Un autre, ou plutôt une autre, une jeune brune aux cheveux courts à la mode militaire masculine, avait reçu un coup de lance dans le poitrail. Le porteur du coup, un mandalorian, n'avait même pas eu la fois de retirer sa lance, il avait laissé son arme dans le corps de la jeune femme, dont la pointe ressortait dans le dos, laissant une flaque de sang se former sur le sol. Les trois autres hommes étaient morts dans des circonstances relativement similaires, que détailler ne revenait à rien de véritablement intéressant si ce n'était dans le but de procurer du dégout.
Les derniers soldats du QG de Northlan avaient trouvé bon de continuer la lutte malgré la rémission proposée par le seigneur noir au milieu de la nuit. Une cinquantaine de braves combattants républicains réfugiés dans le bâtiment de commandement de la force défensive de Northlan. Leur sort n'avait pas été plus enviable que celui des centaines de soldats morts au cours des dernières heures des combats dans les grandes rues du centre-ville. Afin de minimiser les pertes, le capitaine Lafay avait voulu opérer un travail méticuleux, prendre bâtiment par bâtiment, nettoyer ruelle par ruelle afin de permettre le passage du convoi et d'atteindre le QG républicain de la ville en deux jours sans essuyer de pertes significatives. Oldae n'avait pas envisagé cette possibilité, il voulait permettre au plus vite le passage de la force principale afin de rejoindre Ariana sans craindre un revers, quitte à essuyer de lourdes pertes dans la force secondaire chargée de prendre Northlan. Prendre Ariana revêtait un intérêt majeur. Si la capitale du Garos IV tombait, le véritable état major du schisme tomberait avec, marquant la victoire définitive de la coalition. Prendre les autres planètes ne serait que formalité malgré les lourds combats qui se présageaient sur Sundari. Si Oldae tardait trop à faire tomber Ariana, rien n'empêcherait le schisme de se reformer malgré la débâcle de Ruusan. Si de lourdes pertes devaient être essuyer dans la précipitation sur Garos IV, c'était pour éviter que le conflit ne s'enlise et que les pertes s'alourdissent dans les temps forts de la guerre.
Oldae s'était joint au combat dès le début de l'après-midi et avait mené les troupes jusqu'au QG républicain. Une avancé laborieuse, ponctuait d'embuscades et de rics et coûteuses en vie humaine. Mais après plusieurs heures de combats ininterrompues et une succession d'assauts violents, la coalition avait enfoncé les forces républicaines jusqu'à son QG de Northlan.
Les derniers combattants, réfugiés dans leur place forte, avaient refusé la rémission. Un acte qui était tout à leur honneur mais auquel le Sith n'avait accordé que le crédit de la bêtise. Les braves étaient morts les uns après les autres dans les couloirs de leur QG et leur sang en tapissait désormais les murs alors que leurs corps, éventrés, jonchaient le sol. Oldae avait laissé un seul survivant, le chef ennemi. Un vieillard malicieux qui avait eu la bonne idée de rester planqué à l'abris de ses quatre murs alors que le sang de ses hommes servaient à humidifier le sable des rues de Northlan. Capturer le chef ennemi avait toujours du sens, même si il était un idiot ou un lâche, car même un lâche parlait sous la torture. A vrai dire, l'interrogatoire revêtait un sens profond quand l'interrogé était un lâche, au moins il ne tardait pas à dévoiler ses secrets sans que le tortionnaire est à se salir les mains.
Oldae n'avait normalement pas besoin de recourir à des pratiques aussi barbares pour obtenir ce qu'il voulait, l'esprit de son prisonnier était à sa merci, il lui suffisait de puiser les informations qu'il voulait. Rien de vraiment salissant ou de fatiguant. Ni gémissement, ni souffrance ni interrogatoire interminable, seuls quelques instants de recherche minutieuse dans un esprit souvent déboussolé. Pour autant, le Sith laissait rarement ses victimes s'en tirer sans garder un souvenir déplaisant de ses interrogatoires, même si ils emportaient ce souvenir dans l'au-delà. Phoebus et la jeune espionne de Jadus l'avaient appris à leurs dépens comme bien d'autres avant eux. Nombreux qualifiaient les pratiques du Sith de barbaries ou d'ignominies issues d'un profond sadisme refoulé. Ils avaient probablement raison. Mais Oldae se gardait bien de l'avouer, ne serait-ce qu'à soi-même. En vérité, il ne prenait pas de réel plaisir à torturer ses prisonniers, ça le dégoutait plus que ça ne l'attrayait. Pour autant, il était rare qu'un homme ressorte indemne de ses interrogatoires. Pourquoi ? Le Sith voyait deux raisons à cela. Une première, simple, c'était sa nature de Sith ; il était attiré par la souffrance humaine, il aimait la contempler et la provoquer, c'étaient les fondements de son pouvoir. La seconde, c'était qu'il avait un sens derrière les supplices qu'il infligeait à ses interrogés. Vengeance comme se fut le cas de Phoebus, mise en garde comme ce le fut pour l'espionne de Jadus et message comme se serait le cas pour l'officier qu'il avait en face de lui.

- C'est dommage, capitaine, soupira Oldae alors qu'en réalité il savait déjà tout ce qu'il voulait depuis la tête du soldat qui ne s'en apercevait même pas. J'aurai préféré éviter d'en arriver là mais vous ne me laissez pas le choix. Vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous.

Le Sith tourna sa main comme si il tournait une clé dans une serrure et l'un des yeux de l'homme commença à tourner sur lui-même. La victime hurla de douleur alors que le nerf optique se tordait sur lui-même. Les yeux étaient la partie la plus sensible de l'homme, atteindre le nerf optique arrachait une douleur tel que l'on disait que mourir serait une bénédiction à côté de l'énucléation. Oldae fit délicatement avancer ses doigts vers lui et l'oeil commença à sortir de sa cavité. Le nerf s'étira progressivement jusqu'à être complètement tendu alors que l'orbite devait être à cinq centimètres de la place originelle de l'oeil. Le bruit légèrement écoeurant de l'oeil qui sortait de l'orbite était couvert par les cris du vieillard ce qui évitait au Sith d'avoir à supporter le bruit de la chair qui s'étire et qui se déchire. D'un rapide mouvement de l'index, le nerf se sectionna et l'oeil fut arraché, laissant le pauvre soldat pleurer de son dernier oeil. Il était difficile de dire si les cris de l'homme avaient quelque chose d'humain, ils rappelaient davantage les plaintes d'un animal blessé qui hurlait à l'agonie.

- Tu me brises les oreilles vieillard, dit le Sith qui appliqua une pression à l'aide de la force sur la gorge du soldat, faisant terre ses cordes vocales et les hurlements qu'elles distillaient dans le petit bureau réquisitionné en salle de torture.

Le vieillard ne pouvait plus que se lamenter en silence, pleurant des larmes de son dernier oeil valide alors quel les veines de son front saillaient et qu'une coulée de sang venait, telle une cascade, se répandre sur sa joue gauche. Un spectacle peu ragoûtant. Oldae ne cessa pas pour autant ses actes que certaines personnes auraient pu qualifier de monstruosité mais, que d'autres, plus adeptes dans le domaine des supplices du corps vivant, auraient considéré comme un art subtil mêlant ingéniosité et adresse. Tout le mérite ne revenait pas au Sith, la force était bien plus pratique pour pratiquer l'extraction du globe oculaire. Les tortionnaires habituels étaient obligés de recourir à de petites pinces aux bords arrondis afin d'extirper l'oeil de sa cavité et sectionner le nerf à l'aide d'outils contondants. Une tâche bien plus laborieuse et beaucoup moins efficace tant sur le plan physique que sur l'aspect visuel.
L'opération se répéta avec le deuxième oeil mais, cette fois, le Sith veilla à s'épargner préalablement les cris du républicain qu'il laissa ensuite retomber sur le sol ensanglanté. Le soldat, devenu borgne, chercha misérablement ses yeux, grattant violemment ses deux orbites vides comme si ses yeux n'avaient pas réellement disparu, qu'il s'agissait d'une vulgaire farce d'un magicien un peu trop impétueux. Le cerveau humain inventait de drôles de fantasmes en ses temps les plus terribles. Une triste comédie à observer.
Oldae regardait le borgne se dandiner sur le sol en se grattant ses orbites, à s'arracher la peau du visage avec ses ongles, lorsque le capitaine Lafay rentra dans la pièce. C'était un homme corpulent de la quarantaine à l'air bourru avec une petite barbe qui faisait le contour de sa mâchoire. Un de ceux qui voulaient imiter la noblesse impériale visiblement. C'était un homme pragmatique et mesuré qui accordait beaucoup de crédits à la vie humaine, tout du moins à celle de ses hommes. Il aurait préféré que l'offensive dure le triple de temps afin d'empêcher le plus de morts possibles.
Lafay eut du mal à cacher son dégout en voyant le pauvre officier devenu aveugle mais il n'en dit rien. Il valait mieux éviter de faire remarquer son dégout à celui qui en était à l'organe, une simple mesure de survie particulièrement recommandée pour survivre sous les ordres de la plupart des Sith, avides des tortures peu alléchantes.

- Que puis-je pour vous, capitaine ? demanda Oldae.

- Nous avons vaincu les dernières poches de résistance et pris le contrôle de la ville toute entière. Nous avons essuyé plus de pertes que prévues mais nous devrions pouvoir nous en remettre. Le passage du corps principal est désormais assuré, expliqua Lafay. Que faisons des survivants républicains ?

- Exécutez-les, nous ne pouvons pas nous permettre de nourrir plus de bouches et de déléguer des hommes à leur surveillance. C'est malheureux mais c'est ainsi. Faites ça proprement, évitez qu'ils souffrent, ces hommes se sont bien battus, ils méritent de mourir avec dignité.

- A vos ordres, mon seigneur, approuva le soldat. Que faisons-nous pour la ville ? Je veux dire, doit-on autoriser nos hommes à, comment dire, ahh, piller ?

- J'ai promis des richesse à ces hommes, qu'ils les prennent, répondit simplement Oldae.

- Et pour les civils ?

- Que le père gris les protège des atrocités de la guerre. Il est simplement dommage pour eux que les membres de l'empire ne vénèrent pas le père gris, répliqua le Sith en se retournant vers son interlocuteur.

- A vos ordres, mon seigneur, acquiesça Lafay, marquant une pose avant de reprendre. Au fait, nous avons reçu le rapport du seigneur Erebus, la ville est sous contrôle, comme l'hôpital. La structure est quelque peu atteinte mais pleinement opérationnelle. La moitié des forces mandaloriennes ennemies ont rejoins la forteresse voisine suite à la débâcle qu'ils ont connu.

- Quel est l'état des pertes ?

- Le seigneur Erebus a perdu la moitié de ses hommes et la plupart de ses droïdes Krath, répondit l'officier. L'appui du Ralroost et de sa chasse ont permis de prendre la ville en une journée et en essuyant peu de pertes par rapport aux forces du schisme. Les hommes semblent cependant épuisés selon le rapport du lieutenant Idaho. Il doute qu'il soit possible de prendre la forteresse avec la force actuelle d'autant que le seigneur Erebus doit aussi assurer le contrôle de la ville. A mon avis, si je puis me permettre, il serait du suicide d'envoyez le seigneur Erebus avec aussi peu d'hommes attaquer la forteresse. Il en est de même de tenir la ville face au schisme. Lorsque les forces du schisme seront regroupées, le seigneur Erebus sera rapidement défait même avec le soutien de son vaisseau.

Styneth avait finalement réussi à mettre la main sur ces armes robotiques. Il s'agissait d'un véritable problème que des pirates disposent librement et troquent aussi aisément des vestiges du premier empire. Le conseil noir devait le savoir mais devait fermer les yeux, faute de temps et d'hommes à y accorder. Il faudrait changer cela, Oldae ne pouvait pas accepter que des truands s'accaparent l'héritage de ses ancêtres. Il en allait de la dignité de l'ordre Sith. Il veillerait à changer ça lorsqu'il arriverait au conseil noir.
Tout était-il que Styneth avait réussi une prouesse militaire certaine. Oldae avait bien fait de lui confier cette mission, ses espoirs étaient fondés. Styneth était un officier de talent, polyvalent, un homme de valeur qui se révélait un atout certain.

- Quel est l'état de nos réserves ? demanda Oldae.

Le soldat saisit une tablette et pianota quelques instants dessus avant de pouvoir répondre.

- La réserve directe compte 600 Nekghoules, 1 200 fantassins impériaux et 4 100 mandalorians. La réserve secondaire compte près de cinq fois le nombre de la première réserve, mon seigneur.

- Qu'en est-il d'Oriane ?

- Son bataille a fait des miracles, toutes les lunes de Ruusan sont nettoyées des forces du schisme.

- Bien, envoyez là sur Ruusan pour soutenir le général Terold. Prévenez le seigneur Erebus que je le félicite pour sa réussite, lui et ses hommes. Envoyez lui la réserve directe à l'exception de 2 000 mandalorians qui rejoindrons la seconde réserve, envoyez lui aussi quatre batteries lourdes. Donnez pour ordre au seigneur Erebus de prendre la forteresse ennemie avec les forces de la réserve. Ses forces d'origine resteront pour tenir la ville et en profiteront pour se reposer et soigner leurs blessés. Leur victoire est un bel exploit, ils peuvent être fiers d'eux, qu'ils se reposent, la réserve directe prendra le relais pour la forteresse. Envoyez Tarsan pour mener les Nekghoules, il devait s'entendre avec le seigneur Erebus.

- Immédiatement, mon seigneur, acquiesça le soldat. Et nous, que faisons-nous ?

- Dites à vos hommes de se reposer, ils se sont bien battues. Je pars avec le corps principal dès le matin, je rejoindrai les forces de Dark Kiln et Dark Ebelion au point de rendez-vous pour attaquer la capitale et en finir avec les républicains.

- Je vous remercie, mon seigneur, le remercia sincèrement le soldat.

Il marqua un temps d'arrêt où il regarda le républicain qui avait finalement trouvé refuge sous son bureau.

- Que faisons-nous de lui ?

- Envoyez le à Ariana. Il faut que nos amis républicains apprennent ce qu'il s'est passé ici et ce qui s'avance vers eux, répondit tranquillement le seigneur noir. Notre ami officier devrait pouvoir les éclairer et leur donner une petite idée de ce qui les attend. Il est temps que la république se rappelle que les Sith ne sont pas des adversaires qu'on se plait à affronter.

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